Offensive sur Abbeville - 28 mai 1940 - DIORAMA 1/35

Publié le 3 Décembre 2011

 

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 Offensive sur ABBEVILLE - 1940

  

10 mai 1940 : après huit mois de "drôle de guerre" depuis septembre 1939, la Wehrmacht lance son offensive tant redoutée à l'ouest, en attaquant simultanément les pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg. Immédiatement, en vertu d'accords de défense conclus avec ces trois pays, les forces françaises et anglaises positionnées dans le nord de la France pénètrent en Belgique et en Hollande pour prendre position sur la ligne Dyle-Breda, en appui des armées belges et hollandaises. La progression des troupes franco-anglaises est étonnamment facile, ne souffrant d'aucune opposition allemande. Il s'agit en fait d'un piège des allemands dans lequel les armées alliées vont s'engouffrer tête la première !

 

En effet, trois jours plus tard, plusieurs divisions blindées de la Wehrmacht surgissent du massif des Ardennes jugé pourtant impénétrable aux chars par les "génies" de l'Etat-major allié. Efficacement appuyées par une aviation omniprésente, ces divisions (dont la 7ème Panzer, commandée par un certain Rommel) vont réaliser un gigantesque mouvement tournant de Sedan vers la Manche et Abbeville en une quinzaine de jours de Blitzkrieg (guerre-éclair), encerclant d'un coup la majeure partie des divisions françaises et anglaises maintenant coincées en Belgique.

 

Entre le 25 mai et le 5 juin, du fait d'un raidissement de la résistance franco-anglaise le front va se stabiliser le long des cours de la Somme et de l'Aisne. Plusieurs contre-attaques seront menées, principalement par le Colonel de Gaulle et sa 4ème DCR, à Crécy-sur Serre et Montcornet, ainsi que par les anglais au sud d'Arras. La dernière tentative de contre-offensive sera exercée du 28 mai au 4 juin par la 4ème DCR, les 2ème et  5ème DLC contre la poche allemande au sud d'Abbeville. Ces combats héroiques sèment un moment la panique dans les rangs allemands qui refluent en masse vers la rive nord de la Somme. Mais sous l’impulsion de Von Manstein et Blumm, l'aile sud allemande résiste tant bien que mal et la 4ème DCR, exsangue doit finalement mettre fin à sa tentative de percer vers la poche de Dunkerque où sont piégées les armées alliées.

 

Notre diorama représente l'attaque d'éléments du 22ème Régiment d'Infanterie Coloniale, appuyés par un char Renault R35 du 44ème Bataillon de Chars de Combat sur les positions antichars des allemands retranchés dans le parc du château de Caumont le 28 mai 1940.

 

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Cette création est un hommage direct au courage et au sacrifice ignorés des soldats français de 1940, qui perdront en un mois et demi de combats plus d'hommes que dans les quatre premiers mois de la guerre de 14-18 !

 

Maquette du Renault R35 : Heller, échelle 1/35è

 

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Le petit blindé de Renault est très bien représenté par la maquette Heller, qui est la seule existante depuis toujours sur le marché, tout comme le Somua S35 d’ailleurs. Ce modèle a été agrémenté:

- d'une queue de franchissement en scratch -carte plastique- inspirée de photos d'époque montrant des R35 du 44ème BCC qui en sont équipés.

- de roues d'entrainement et chenilles Model Kasten bien plus réalistes que les chenilles "Shamalow" d'origine Heller, mais dont le montage, maillon par maillon, est assez fastidieux: 750 pièces au total entre les patins (125 par chenille) et les connecteurs, cela motive pour se lancer dans les véhicules à roues !!!

- de chaines de bijoutiers fines retravaillées pour représenter les chaines de dépannage

- de pièces de récupération en photodécoupe refaçonnées.

 

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La peinture du R35. En préambule, un mélange de putty + colle maquette + herbe synthétique a été badigeonné sur le bas de caisse pour simuler la boue.

 

La peinture est réalisée aux acryliques Gunze en deux teintes vert et marron, sur une base d’apprêt gris uniforme. Chaque teinte est ensuite éclaircie ou ombrée de façon aléatoire.

 

On poursuit avec un jus à l’huile Terre de Sienne Brulée et Noir, puis un dry-brush discret.

S’ensuit un long travail de micro-peinture au pinceau « trois poil » pour représenter les diverses éraillures. Le pot d’échappement est d’abord peint en noir mat, puis traité aux pastels brun et orange afin de représenter la rouille.

 

Enfin, lors de la dernière étape, tout le bas de caisse et les zones couvertes de boue sont peints à l’aérographe avec diverses teintes « terre ».

 

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Canon Pak 37mm : Tamiya 1/35è

La maquette Tamiya, encore au standard en 2002 si agrémentée comme ici d’une planche de photodécoupe Eduard, est aujourd’hui bien dépassée par le kit Dragon.

 

A l’époque, j’avais donc partiellement utilisé la planche Eduard, notamment pour les supports du bouclier frontal. J’ai par contre jugé les pièces Eduard trop fines et celles de Tamiya trop épaisses pour représenter le bouclier de protection, et me suis donc servi des pièces existantes uniquement comme gabarit pour confectionner un bouclier à l’épaisseur plus adaptée en carte plastique. Beaucoup de traces d’éjection ont dù aussi être éliminées. Toutes les petites pièces (volants de pointage, poignées, etc… sont affinées et soigneusement peintes pour plus de réalisme. Je n’ai bien sur pas oublié de mettre en place, avec de petites sangles en photodécoupe, les écouvillons de nettoyage du canon, ainsi que les cordes de traction destinées au déplacement de la pièces directement par les fantassins lors de la mise en position de combat.

 

Les lettres K peintes sur le bouclier prouvent l’appartenance du 217è Inf. régiment au groupement Von Kleist.

 

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Figurines françaises : marque Azimut, en résine 

Le tireur FM 24/29 est utilisé tel quel. Le grenadier voltigeur voit son Mas 36 agrémenté d’un tromblon lance-grenade qui rallonge un peu cette réplique que je juge sous-dimensionnée en connaissance de cause, pour l’avoir moi-même utilisée en manœuvre (joyeux début des années 80, où l’on utilisait MAS 36, MAS 49-56, voire les premiers FAMAS, en fonction des affectations !!). Il faut penser dans ce cas à lui rajouter un étui porte-tromblon en scratch. L’officier voit sa tête moustachue « très 14-18 » remplacée par une tête Hornet (sans moustache !!) coiffée d’un casque Adrian.

 

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Figurines allemandes: Tamiya  

Issues d’une boite de fantassins célebrissime de la marque aux deux étoiles, elles sont copieusement transformées pour être adaptées à leur triste sort de cadavres.

 

Des têtes Hornet « sleeping or exhausted heads » remplacent avantageusement les têtes d’origine. Bien sur, même dans cette funeste position, ces deux figurines Tamiya montrent cruellement les limites de la marque japonaise quant à la faible qualité de la gravure. La peinture de ces figurines a été traitée à l’huile sur une base Humbrol.

 

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Le décor 

Il est réalisé en poudre céramique teintée, sur la base d’un relief taillé dans plusieurs épaisseurs de mousse d’isolation BASF.

 

Une base d’herbe en  flocage a été réalisée puis étoffée d’une multitude de touffes de filasse de plombier et de diverses herbes et fleurs en scratch. Un fossé humide est réalisé en résine d’inclusion, entre la petite portion de route et le verger du parc du château de Caumont (voir toutes les photos précédentes).

 

 

Epilogue

Ce diorama ayant été réalisé en 2002, il précède de plusieurs années le réel engouement pour l'armée française de 1940 qui se concrétise aujourd'hui avec les modèles de B1 bis, Traction Avant Citroen et autre chenillette Renault UE de chez Tamiya, ou Hotchkiss de chez Trumpeter, figurines Tamiya ou Nemrod, etc…. D’autres produits existaient déjà à l’époque de façon plus confidentielle, notamment chez l’excellent artisan DES KIT ou chez le regretté ALBY. Heller avait aussi déjà sorti ses excellents et uniques Somua S35 et canon de 25.

 

En conclusion, ce diorama montre, s’il en était encore besoin, que la Wehrmacht eut quand même du fil à retordre en mai-juin 40, avant d’aller se tremper les pieds dans la Manche !!

A titre d’exemple, voici l’état des pertes allemandes :

- 35 % des chars engagés détruits face à des blindés français plus lents mais surblindés.

- 27.000 morts

- 111.000 blessés

Cela se passe de commentaires !

 

En archive, vous pouvez relire mon article sur ce diorama dans le Military Armor n°20 de 2002. Je vous conseille aussi l’excellent Militaria Hors série n° 21 consacré à la bataille d’Abbeville.

  JLM

Rédigé par scalefighters PO et JLM

Publié dans #Dioramas CHARS

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Commenter cet article

Jean-Paul 18/11/2016 19:24

Très belle réalisation.

FERRET jeanlouis 02/11/2015 14:39

Salut, cela me donne des idées. Belles réalisations. Chapeau Bas Messieurs!
A bientôt de la part de Mon Lieut'nant

warnerzaz 03/06/2013 23:22

Joli site, ca fait plaisir de voir des montages bien expliqués sans etre saoulant d'info et avec des references historiques précises.