CONCOURS DE MAQUETTES STATIQUES - DEONTOLOGIE

Publié le 6 Juin 2016

CONCOURS DE MAQUETTES STATIQUES - DEONTOLOGIE

6 juin 2016, 72ème anniversaire du débarquement en normandie.

 

La déontologie. Dans ce mot, décomposé en grec, on trouve "la science de ce qu'il faut faire", le devoir certes, mais le devoir de conscience. Ceci implique inévitablement l'établissement et le suivi de règles (un certain ORDRE) par tout le monde d'une même profession. Notre hobby, qu'est le maquettisme plastique statique, n'est pas une profession (sauf peut-être pour certains qui participent à l'élaboration de magazines, mais cela est un autre sujet) mais une passion, et en matière de règles, la passion est plutôt très chaotique. Toutefois, dans le cadre des jugements rendus lors des manifestations que l'on nomme "concours de maquettes", des règles bien précises doivent être suivies. Je ne parle pas des règles que l'on peut lire dans les bulletins d'inscription aux concours de ce type et qui sont "les règles de base", mais des règles déontologiques qui comprennent notamment :

  • objectivité
  • impartialité
  • justesse
  • indépendance
  • transparence
  • discrétion, ou humilité
  • compétence
  • honneur
  • probité

 

Si la compétence et la transparence sont généralement bien appliquées dans les concours que j'ai pu voir dans diverses expo de la métropole, il n'en est pas de même pour l'objectivité, l'impartialité, la justesse et pour certains, l'humilité (ceux qui se prétendent comme des cadors et qui le font sérieusement sentir).

 

Combien d'entre vous furent surpris devant des jugements rendus, qui récompensaient tels ou tels modèles, dioramas, figurines etc. et pas d'autres qui, en toute objectivité, étaient du même niveau. Ces sentiments sont sujet à une totale subjectivité, comme les gouts et les couleurs, sentiments qu'il faut justement tenter de banir dans le jugement, bien que très difficile au deumeurant.

 

De ma propre expérience, j'ai une fois assité aux beuglements d'un blaireau de première qui avait vivement contesté (euphémisme) le fait qu'il n'avait obtenu que la seconde place et non la première avec son modèle...un FW 190 de toute beauté de mémoire, sous pretexte qu'il avait déjà eu le 1er prix à un autre concours bien connu sur Paris et avec ce même modèle, et pas à celui-ci qui se déroulait quelque part dans le var, tout aussi bien connu. Un contestataire inutil, certes, mais qui avait dans l'absolu raison de penser que le jugement pouvait être erroné car non juste, non impartial et non probant. Il aurait toutefois du seulement y penser en silence et ne rien exprimer, rester humble et féliciter celui qui eut le "1er prix".

 

Que signifie obtenir le 1er, le 2nd ou le 3ème prix, ou pas de prix dutout? Vous pensez peut-être que c'est justement le principe d'un concours, mais ne serait-il pas possible d'appeler "Concours de maquettes" plutôt "Mesure de la qualité  d'un modèle, diorama ou figurine, en tant que tel", sans comparaison avec les autres. Un tel jugement implique évidemment de suivre une autre catégorie de règles qui sont, dans ce cas, purement techniques et qui doivent être parfaitement établies et scrupuleusement suivies (le débat est ouvert). Ces règles existent déjà et sont certainement perfectibles, et devraient être les mêmes pour tout le monde, et c'est loin d'être le cas.

 

Il existe certes, quelque fois, et en toute objectivité, des modèles présentés qui sont d'une manière flagrante, d'un  niveau technique tout juste passable, pas très bien  réalisés (ponçages et/ou peinture laissant à désirer etc.). Mais il m'est bien souvent arrivé de constater dans des concours la présence de plusieurs pièces d'une même catégorie traitant de sujets, certes totalement différents, mais à mon humble avis susceptibles de recevoir le même prix. Certaines de ces pièces dites équivalentes pouvaient même traiter d'un même sujet mais senti de manière différente par les maquettistes qui les ont réalisées, chacun ayant une "patte" bien à lui, tout en conservant bien entendu, une certaine véracité dans les couleurs, les équipements et le décor dans le cas d'un diorama ou d'une représentation sur un sol. On ne va pas déposer un macchi 202 sur un pont de porte-avion (dites moi que je ne me trompe pas...)

 

Pourquoi alors ne pas systématiquement organiser les manifestations dites "Concours" en ayant dans l'esprit une analyse critique impartiale, objective, probante etc. basée sur des règles purement techniques et esthétiques1 permettant de définir le prix ou le non prix et quel niveau de prix attribuer à la pièce jugée. C'est là qu'intervient toute la quintescence de la "Mesure de la qualité  d'un modèle en tant que tel". Je pense sincèrement que bien souvent, dans les concours, il serait juste de donner plusieurs 1er prix et/ou plusieurs 2nd et/ou 3ème prix (voir un 4ème comme les accédits dans certains concours anglo-saxons, qui donne de l'envie à celui qui le reçoit) en fonction de la qualité des modèles, voire de ne rien attribuer. C'est à dire que l'on délivrerait un prix (ou non) et son niveau, en fonction de la qualité du modèle présenté, jugé avec des règles techniques, sans comparaison avec les voisins de la même catégorie. Car bien entendu, le principe de "catégories" doit être conservé. Je pense que tout ceci serait plus juste. Je suis sûr qu'il existe dans chaque manifestation dite "concours" des catégories où tous les modèles présentés mériteraient une médaille d'or.

 

Tout ceci implique que celui qui a déjà reçu un prix avec un modèle, doit avoir la délicatesse et l'honnêteté de ne plus présenter ce modèle à un autre concours, ou au même mais les années suivantes, du moins sur un certain périmètre, car s'il obtient un prix en france par exmple, il peut, je pense, représenter son modèle à une autre manifestation organisée dans un autre pays....

 

Enfin, les expos de maquettes et les tables de concours n'ont-elles pas aussi vocation à faire plaisir au public qui vient les voir? Ne serait-il pas sympa de faire participer le public à une sorte de vote sur son coup de coeur et de décerner "un prix" à celui qui obtiendrait le plus de voix. Afin d'alléger ce principe, il faudrait bien entendu selectionner les modèles qui seront jugés par le public, ou alors donner une part de jugement au public, des pièces exposées sur la table dite de "concours". Ce serait la part de subjectivité "tolérée" du jugement.

 

1 : l'appréciation de l'esthétique peut apparaître subjective dans l'absolu, mais n'oublions pas qu'elle fait partie intégrante de la technique, notamment en matière de diorama, ou des règles d'esthétiques sont à mon avis nécessaires comme la chasse aux symétries, la dispositon des différents avions, véhicules, figurines les uns par rapport aux autres, éviter de faire sortir les ailes de l'avion du cadre du diorama par exemple  etc.

 

              

PO

Rédigé par scalefighters

Publié dans #BlaBla

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